Les espèces marines devancent les espèces terrestres dans la course au réchauffement

Avec le réchauffement, des espèces migrent pour retrouver un environnement qui leur est clément. Et ce sont les espèces marines qui font la course en tête, se déplaçant jusqu’à six fois plus vite vers les pôles que leurs congénères terrestres, selon les tout derniers résultats d’une étude franco-américaine impliquant principalement des scientifiques du CNRS, de l’Ifremer, de l’Université Toulouse III – Paul Sabatier et de l’Université de Picardie Jules Verne. En analysant la vitesse de déplacement des aires de répartition de plus de 12 000 espèces animales et végétales en fonction de celle des isothermes en latitude et en altitude, ces chercheuses et chercheurs ont mis en évidence que les espèces marines sont capables de suivre, dans certaines conditions, la migration invisible des températures vers les pôles. Cette course effrénée au réchauffement est modulée par la pression des activités humaines (pêche, aquaculture, agriculture, sylviculture, urbanisme), accélérant ou ralentissant le déplacement des espèces dans leur poursuite de conditions climatiques favorables. Ces résultats, publiés dans la revue Nature Ecology & Evolution le 25 mai 2020, interrogent quant à la capacité d’adaptation des organismes terrestres face au réchauffement attendu pour le XXIe siècle.

 

Bibliographie : Species better track climate warming in the oceans than on land. Jonathan Lenoir, Romain Bertrand, Lise Comte, Luana Bourgeaud, Tarek Hattab, Jérôme Murienne, Gaël Grenouillet, Nature Ecology & Evolution, 25 mai 2020.

Source :  cnrs.fr

Interview – Laila Del Monte

Qu’est-ce que la communication animale ? Comment les animaux parviennent-ils à communiquer sans mots et comment pouvons-nous les comprendre ?

La communication animale, c’est la possibilité de “capter” l’esprit d’un animal et de savoir ce qu’il ressent, par exemple quel est son rapport avec ses congénères, son environnement, son gardien (pour ne pas dire propriétaire car je considère que nous sommes les gardiens de leur bien-être).

La communication animale repose sur la télépathie/empathie, c’est-à-dire la possibilité de recevoir des informations sous forme de clairvoyance, de clairaudience, de clairolfaction.

En pratiquant la communication animale, nous cherchons à nous approcher le plus près possible du langage animal, qui n’est pas du même ordre que le nôtre. C’est un langage interespèces. Nous pouvons percevoir ce langage grâce à nos propres capacités extrasensorielles.

 

 

Comment êtes-vous devenue spécialiste et professionnelle en communication animale ?

Petite, j’ai été élevée aux îles Baléares, à Formentera, et j’ai vécu dans une ferme. Je percevais l’information par des mots, des sensations et des images. Pour moi, c’était complètement naturel ! Je n’aurais jamais pensé que c’était quelque chose de spécial ou de différent. Par la suite, je suis devenue professionnelle en communication animale, mais cela s’est fait très naturellement. Un jour, alors que j’étais à Los Angeles, j’aidais une dame qui était malade. Elle m’a posé des questions sur son chat et je lui ai répondu. Elle en a parlé à ses amis et ça a fait boule de neige !

J’ai fait un très grand nombre de communications animales pendant des années. À l’époque, je travaillais bénévolement pour des personnes en privé et aussi pour des refuges. J’ai même fondé le refuge Santé d’Or à Los Angeles. Puis, un jour, on m’a proposé d’enseigner. J’ai fait mon premier stage au Colorado dans un ranch avec 40 chevaux.

Plus tard, j’ai été invitée à donner des conférences en Europe. J’ai longtemps collaboré avec Catherine Willeman de l’écurie des trois frontières en Alsace, une des premières personnes à me soutenir en Europe. C’est elle qui m’a présentée aux membres de l’équipe nationale de France ; elle a joué un rôle déterminant dans ma vie.

J’ai également écrit des livres, réalisé un documentaire et j’ai commencé à enseigner la communication animale pour transmettre aux autres le fait que les animaux ont des émotions, des pensées et une conscience. Maintenant j’ai une école en ligne et j’enseigne en anglais, en français et en espagnol. J’ai énormément de gratitude d’avoir pu développer tout cela dans ma vie.

 

 

La communication animale n’est-elle envisageable qu’avec les animaux de compagnie, ou est-il possible de dialoguer avec la faune sauvage ?

Il est tout à fait possible de communiquer avec les animaux sauvages, mais je le déconseille parce qu’il ne faut pas interférer dans leur vie, dans leurs positionnements hiérarchiques ou dans leur territoire. De plus, ils n’ont pas nécessairement envie de communiquer avec nous, humains, car nous représentons plutôt un danger pour eux.

Par conséquent, je conseille de pratiquer la communication animale uniquement avec nos animaux de compagnie qui souhaitent se faire comprendre et non avec les animaux sauvages, sauf s’ils viennent directement sur notre territoire et interagissent avec nous. Dans ce cas, il peut s’avérer important ou nécessaire de mieux les connaître et de se connecter avec eux.

J’ai personnellement vécu des situations dangereuses avec des animaux sauvages où il m’a fallu communiquer rapidement ! Ces expériences sont décrites dans certains de mes livres. J’ai également participé à des expériences de communication avec des groupes de chercheurs pour des animaux en voie d’extinction. Ces communications ont été faites pour mieux les comprendre et pour savoir comment il serait possible de les aider.

 

La communication entre animal et humain est-elle différente de la communication entre différentes espèces animales ?

Oui, la communication entre animal et humain est différente. La communication entre espèces est beaucoup plus simple que la nôtre. Nous, les humains, avons tendance à projeter ce que nous pensons de l’animal ; nous nous sommes déjà fait une idée préconçue sur ce que ressent cet animal par rapport à son environnement, ses congénères et nous-mêmes. La communication animale est essentielle pour nous permettre de les percevoir selon leurs propres particularités.

La communication animale est un langage spécifique, qui nous permet de mieux comprendre et d’échanger avec les animaux, de façon pure, sans jugements, sans analyses et sans a priori.

 

La communication animale est-elle à la portée de tous ou faut-il avoir une sensibilité particulière ? Quel conseil pourriez-vous donner à une personne qui souhaite communiquer avec son animal ?

La communication animale est en effet à la portée de tous. Nous avons chacun d’entre nous des capacités extrasensorielles qui nous permettent d’aborder le langage d’un autre être sensible sur notre planète. Cependant, il est primordial d’apprendre correctement pour ne pas commettre d’erreurs qui pourraient nuire à l’animal. Il est certain que la communication animale est aujourd’hui un thème à la mode, mais le danger c’est de prêter à l’animal des mots ou des concepts qui ne lui appartiennent pas du tout. Acquérir une bonne compréhension et une technique solide est donc essentiel pour ne pas interpréter les choses selon nos propres critères ou jugements.

 

Pensez-vous qu’autrefois les hommes avaient la faculté de se connecter à la nature et de dialoguer avec les animaux ? Si oui, pourquoi ont-ils perdu cette faculté ?

Oui, effectivement, je pense qu’autrefois certains groupes ethnoculturels avaient accès à la communication avec les animaux. Pas tous bien entendu ! Si le rapport avec les animaux était tout simplement utilitaire, il n’y avait pas de communication.

Je pense qu’aujourd’hui c’est peut-être plus difficile d’établir une communication parce qu’il y a beaucoup de stimulations externes et nous avons des difficultés pour nous focaliser sur les signaux qui nous parviennent de l’animal de façon imperceptible ; des signaux ou informations que nous pouvons recevoir grâce à nos capacités extrasensorielles et qui se traduisent par des images, des sons, des mots, des odeurs et des sensations physiques et/ou émotionnelles. Mais c’est un langage subtil, intangible, qui nécessite une certaine réceptivité ! On peut le développer par des techniques spécifiques.

 

La communication animale peut aider à venir en aide à des animaux en souffrance, mais à quel point nos animaux domestiques sont-ils sensibles à nos émotions ?

Les animaux sont bien sûr sensibles à nos émotions. Ils perçoivent parfaitement toute une palette d’émotions, que ce soit la joie, la tristesse, la colère ou même le stress. Ils comprennent aussi les émotions profondes refoulées. C’est pour cela qu’il y a souvent des soi-disant “problèmes de comportement” qui ne sont que des expressions de notre propre mal-être ou de non-dits. La communication animale nous permet de comprendre réellement ce qui se joue quand il y a un problème de comportement.

Dernière précision concernant certains animaux de compagnie en souffrance : même s’ils absorbent nos émotions ou notre stress, il faut également prendre en compte toutes les toxines environnementales qui pourraient être présentes dans leur environnement et qui impactent leur santé et leur bien-être.

 

 

Propos recueillis par Élodie Plassat

 

 

Retrouvez Laila Del Monte le samedi 10 avril au Grand Rex de Paris pour l’événement NATURE GUÉRISSEUSE qui rassemblera 15 experts sur le thème des trésors thérapeutiques de la nature.

Infos et réservations : www.natureguerisseuse.com

La Fondation Nature & Découvertes s’engage pour les forêts d’Indonésie

Nature & Découvertes a choisi d’agir à la source de cette pandémie : parce que préserver les forêts d’Asie du Sud-Est contribue à limiter le risque infectieux et l’apparition de nouvelles épidémies, sa Fondation fait un don exceptionnel de 50 000 euros à Kalaweit, une ONG reconnue pour ses actions de sauvegarde de la forêt sur les îles de Bornéo et Sumatra.
Pour expliquer le Covid-19 qui frappe le monde aujourd’hui, la communauté scientifique pointe du doigt la destruction de l’habitat du monde sauvage. On le sait désormais, l’érosion de la biodiversité et la diminution drastique des environnements sauvages favorisent les contacts avec les animaux
d’élevage et domestiques, et la transmission de maladies. Aujourd’hui, l’intervention humaine à échelle industrielle ne permet pas la résilience nécessaire à la nature. Si nous ne préservons pas la biodiversité, les crises sanitaires vont se multiplier, préviennent les chercheurs.

 

Les forêts d’Asie du Sud-Est : un écosystème urgent à préserver !

Pour Nature & Découvertes, il a semblé important et nécessaire d’apporter sa contribution face à cette crise en considérant l’amont du problème, la déforestation, et en mobilisant sa Fondation, qui oeuvre depuis 1994 pour la biodiversité et l’éducation à la nature. Un travail a été mené ces dernières semaines pour identifier un projet de conservation de forêts tropicales d’Asie, détruites au profit de cultures intensives du palmier à huile. Or, l’Indonésie est le pays où l’intensité dévastatrice des feux de forêts est majeure : en 2019, 380 000 hectares ont été détruits à Bornéo et Sumatra et 708 mégatonnes de CO2 ont été rejetées dans l’atmosphère. Le choix de la Fondation Nature & Découvertes s’est donc porté sur l’ONG
indonésienne Kalaweit qui recevra un don exceptionnel de 50 000 euros.
Depuis 1998, Kalaweit acquiert des hectares de forêts afin de sécuriser des lieux sauvages. Objectifs : préserver la biodiversité présente et accueillir une faune maltraitée, braconnée, dont les gibbons qui sont les premières victimes de cette déforestation.

 

Concrètement, à quoi servira le don de la Fondation Nature & Découvertes ?

“L’aide de la Fondation Nature & Découvertes va nous permettre de sécuriser des terres essentielles pour la survie d’animaux en danger, de renforcer nos actions de terrain pour protéger activement la forêt, en collaboration avec les populations locales. Face à l’urgence, nous sommes très heureux de pouvoir accélérer et agrandir nos actions grâce à ce don exceptionnel.” témoigne Chanee, fondateur de Kalaweit.
Kalaweit entend financer avec les deux tiers de la somme l’acquisition de nouveaux hectares de forêt, une action essentielle dans cette lutte au long cours contre la déforestation (à ce jour, 425 ha ont été acquis par l’association sur un potentiel de 1500 ha pour constituer la réserve de Dulan). Le reste sera réparti pour lutter contre le braconnage et réhabiliter des animaux issus de trafics.