L’océanite de Nouvelle-Calédonie : une nouvelle espèce d’oiseaux, déjà menacée

On dénombre aujourd’hui un peu plus de 10 000 espèces d’oiseaux sur la planète, et on en découvre une à cinq nouvelles par an en moyenne. Parmi les 430 espèces d’oiseaux marins, un tiers sont des pétrels, proches cousins des albatros. Comme ils sont nocturnes, discrets et nichent pour la plupart dans des îles reculées, ils restent mal connus dans l’ensemble.

Un oiseau inconnu de la famille des pétrels-tempête a été observé au large de Nouméa à partir de 2008 : son ventre rayé le distingue des autres oiseaux de cette famille, à l’abdomen blanc. Des observations régulières d’individus d’apparence identique dans la mer de Corail (à l’est de l’Australie), à partir de 2010, ont attiré l’attention des spécialistes.

D’autres indices sans lien apparent intriguaient aussi depuis longtemps les ornithologues : il s’agit de cinq spécimens de pétrels à ventre rayé , collectés il y a plus d’un siècle lors d’expéditions dans le Pacifique et répartis dans les collections de plusieurs muséums à travers le monde, qui avaient tous été identifiés à tort comme des espèces différentes.

Récemment, trois de ces spécimens ont été formellement identifiés comme étant des océanites-tempête de Nouvelle-Zélande, une espèce que l’on pensait éteinte, redécouverte en 2003. C’est d’ailleurs un de ces oiseaux qu’ont d’abord pensé observer les ornithologues au large de Noumé a, mais grâce a un travail minutieux basé sur l’étude morphologique, la génétique et l’étude des archives des muséums, les pétrels observés au sud de Nouméa et en mer de Corail ont pu être classés avec certitude comme espèce “nouvelle”, baptisée océanite de Nouvelle-Calédonie (Fregetta lineata), tout comme deux des mystérieux spécimens centenaires (l’un collecté aux Marquises en 1922, un autre aux Samoa en 1839) et un troisième collecté en 1973 sur une île du Queensland, en Australie.

Les auteurs ont apporté la preuve que l’oiseau se reproduit en Nouvelle-Calédonie puisqu’un poussin encore couvert partiellement de son duvet y a été photographié en septembre 2014. Les Marquises et Samoa représentent très certainement la zone hors reproduction d’après les dates de collecte des spécimens.

Où se reproduit Fregetta lineata exactement ? Tous les îlots du lagon sud de la Nouvelle-Calédonie ont été visités et soigneusement fouillés, avec plusieurs nuits passées sur la plupart d’entre eux, et aucun pétrel-tempête n’y a jamais été vu ni entendu. La nouvelle espèce pourrait se reproduire soit sur des îlots de la lagune de Bouloupari (non explorée), soit à l’intérieur des terres, possiblement dans la vallée de la rivière Tontouta où se reproduit une autre espèce de pétrels.

Il est maintenant essentiel de trouver ces sites de reproduction afin de prendre des mesures de protection immédiates. En effet, sur la base du nombre d’oiseaux observés en mer, la population est peut-être de l’ordre de 100 à 1000 couples et potentiellement déjà en danger critique d’extinction.

Source : CNRS

Des fourmis “renifleuses” de cancers

La détection des cancers est un enjeu majeur de santé publique, mais les méthodes disponibles actuellement, par exemple les IRM ou les mammographies, sont souvent chères et contraignantes, ce qui limite leur utilisation à grande échelle. Des méthodes alternatives, comme l’utilisation de l’odorat animal, sont à l’étude pour dépasser ces contraintes. Une équipe regroupant des scientifiques du CNRS, de l’université Sorbonne Paris Nord, de l’Institut Curie et de l’Inserm a mis en évidence les performances d’une espèce de fourmis, Formica fusca, dans ce domaine. Après un apprentissage de quelques minutes, ces insectes, qui utilisent l’olfaction pour leurs tâches quotidiennes, sont parvenus à différencier des cellules humaines saines de cellules humaines cancéreuses.

En analysant les composés émis par les différentes cellules, les scientifiques ont montré que chaque lignée cellulaire a bien sa propre odeur qui peut être utilisée par les fourmis pour les détecter. L’efficacité de cette méthode doit être évaluée grâce à des tests cliniques sur un organisme humain complet.

En tout cas, cette première étude montre le potentiel élevé des fourmis, capables d’apprendre très rapidement, à un moindre coût, tout en étant efficaces. Ces résultats ont été publiés dans la revue iScience le 18 mars 2022.

Source : CNRS

Une méthode de biosurveillance humaine révèle la pollution à laquelle les chimpanzés sont exposés

L’équipe de recherche du Sebitoli Chimpanzee Project/Muséum national d’Histoire naturelle a collecté les poils laissés par les chimpanzés sauvages dans les nids qu’ils construisent le soir pour passer la nuit. Après un an et demi de collecte, les substances chimiques contenues dans les poils de 20 individus ont pu être analysées. Par ailleurs, les poils de 9 chimpanzés du parc animalier de Sigean ont été prélevés et étudiés pendant deux périodes distinctes.

La première tonte, sur quelques centimètres de fourrure, a permis d’analyser les polluants présents alors que les chimpanzés du zoo avaient reçu une alimentation conventionnelle. Le deuxième prélèvement a été réalisé après une période de 6 mois durant laquelle les chimpanzés avaient reçu une alimentation composée de fruits et de légumes bio et alors que tous les objets en plastique (jouets, contenants…) avaient été retirés de leur enclos.

L’analyse des poils (réalisée au Luxembourg lnstitute of Health) de l’ensemble des chimpanzés étudiés a permis de détecter au total 90 polluants sur les 152 recherchés (insecticides, herbicides…). Elle montre que les poils des chimpanzés captifs contiennent une plus grande quantité de polluants que ceux des chimpanzés sauvages, ainsi qu’une plus grande diversité (79 pour les chimpanzés du parc animalier contre 60 pour les chimpanzés sauvages). Jusqu’à 72 polluants ont été détectés chez un même chimpanzé du parc animalier, et jusqu’à 43 polluants chez un même chimpanzé sauvage.

Un nombre étonnamment élevé quand on considère que le territoire de Sebitoli ne couvre que 20 km. Il révèle la forte exposition des chimpanzés sauvages à la multitude d’intrants chimiques utilisés par l’agriculture intensive (maïs, thé…) et vivrière présente autour de leur territoire forestier. Une partie de ces intrants avaient été détectés précédemment dans l’eau des rivières qui traversent le territoire.

Les résultats de l’étude montrent aussi qu’à Sigean, après consommation de fruits et de légumes bio pendant 6 mois, le nombre des polluants détectés dans les poils de chimpanzés de Sigean a diminué, passant de 79 à 63, ainsi que leur concentration.

En conclusion, cette étude montre que l’analyse des poils des animaux est une méthode efficace pour évaluer l’exposition cumulée aux polluants environnementaux des animaux sauvages, lesquels représentent des sentinelles pour la santé humaine. Elle prouve que l’alimentation biologique permet de réduire cette exposition chez des individus en captivité et souligne l’urgence qu’il y a à modifier les pratiques agricoles et à réduire les intrants chimiques en bordure des aires protégées pour préserver la santé de la faune sauvage. Elle montre enfin que l’exposition à la pollution environnementale des chimpanzés, qui sont menacés de disparition dans un futur proche, représente un risque très sérieux, alors qu’il est beaucoup moins connu que le braconnage ou la déforestation.

Source : MNHN

Vacances ensemble !

Pour le 5e été consécutif, le Club Oscar (club et acteur du pet friendly en France) part en campagne au profit de l’Arche des Associations avec “Vacances ensemble, vacances en France !”. L’objectif de cette campagne est de braquer les projecteurs sur les hébergements touristiques “pet friendly” qui accueillent les animaux de compagnie de leurs hôtes en séjour chez eux et qui acceptent de soutenir la cause animale ! Le principe est simple : chaque hébergement touristique participant accepte de faire un don libre à l’Arche des Associations, en échange de quoi lui est adressé gratuitement un colis contenant un poster et une dotation personnalisée de friandises chien/chat Vitakraft. Il s’engage aussi à afficher à la réception le poster de la campagne. Dès l’arrivée d’un vacancier et de son animal de compagnie (chien ou chat), il offre une friandise de bienvenue et propose de prendre une photo du duo vacancier/chien ou chat devant l’affiche. Celle-ci est ensuite partagée sur les réseaux sociaux des différents partenaires de l’opération en guise de témoignage viral avec le tag : #vacancesensemblenfrance. En 2021, 12 000 € ont ainsi pu être reversés aux associations et refuges.

Pour en savoir plus : wwww.club-oscar.fr

Les moustiques sont-ils attirés par la lumière des habitations ?

Nous sommes nombreux à être persuadés qu’ils sont attirés par la lumière et nous nous efforçons donc d’éteindre les lampes donnant sur l’extérieur le soir afin de ne pas nous retrouver envahis. Toutefois, ce geste n’a aucun effet ! Il existe bien des insectes qui s’agglutinent autour des ampoules électriques, comme les papillons de nuit, mais les moustiques n’en ont que faire. Les moustiques mâles ne s’intéressent même pas à l’intérieur de nos maisons ou à nous ; leur source de nourriture est le nectar des fleurs. Quant aux femelles, qui ont besoin de sang dans des circonstances précises, elles utilisent d’autres moyens que la lumière électrique pour trouver leurs cibles.

On rencontre principalement deux espèces de moustiques en France : le moustique commun (Culex pipiens) et le moustique-tigre (Aedes albopictus), une espèce invasive venue d’Asie du Sud-Est. Toutes deux n’aiment pas le soleil et il est bien plus fréquent de se faire piquer au crépuscule, leur heure favorite. C’est aussi le moment où l’on allume les lumières ; on a donc plus de chances de repérer leur présence et de l’associer à l’éclairage électrique, bien qu’il n’y ait là aucun lien. Ce qui mène les moustiques jusqu’à nous, c’est notre production de CO2 ; ils sont capables de remonter les courants d’air chargés de ce gaz sur 40 m jusqu’à nos maisons, qui en émettent de grandes quantités. Ils trouvent ensuite les humains grâce aux odeurs et à la chaleur qu’ils dégagent ; ils pourraient également être attirés par les couleurs sombres, bien que cette hypothèse fasse débat. Peu importe donc que vous laissiez les lumières allumées toute la nuit, les moustiques ne seront pas plus ou moins nombreux à vous attaquer. En revanche, une bonne aération quotidienne du domicile et l’usage d’une moustiquaire sur les fenêtres feront toute la différence.

 

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Par Camille Oger