Animal, le film

Depuis 3 ans, Cyril Dion travaille sur un nouveau film pour le cinéma, Animal, qui s’attaque à une grande crise écologique : la 6e extinction de masse des espèces. Ces 40 dernières années 68 % des populations d’animaux sauvages vertébrés ont en effet disparu. Le film nous emmène dans un voyage à travers le monde pour comprendre ce phénomène, et surtout, comment nous pourrions l’enrayer. Son objectif est de tracer une autre histoire possible de l’avenir ; de redonner espoir et enthousiasme.
Ce film pose trois questions majeures :
Comment arrêter de tout détruire et, en particulier, les espèces animales ?
Comment habiter cette planète différemment ? Sans en perturber les équilibres, en cohabitant respectueusement et intelligemment avec les autres formes de vie ?
À quoi servons-nous, nous les humains ? Est-ce que nous sommes juste là pour jouir et tout dégrader ou avons-nous une fonction, un rôle à jouer dans « l’orchestre du vivant » ?
Début 2020, alors que le budget du film était bouclé, la crise du Covid-19 est passée par là et l’équipe du film a perdu trois mécènes touchés de plein fouet par la situation. Cyril Dion a donc besoin d’aide pour les remplacer et pouvoir finir le film.
Pour en savoir plus sur le projet et le soutenir : https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/animal-le-film/tabs/description

Seuls 14 % des cours d’eau du globe abritent une biodiversité en poissons peu impactée par les activités humaines

La biodiversité peut être mesurée sous différentes facettes complémentaires. Concernant les poissons d’eau douce, elle peut être mesurée dans chaque cours d’eau comme la diversité en espèces, les liens de parenté entre espèces (diversité phylogénétique) ou le rôle des espèces dans le fonctionnement de l’écosystème (diversité fonctionnelle). Elle peut également être vue sous l’angle des différences de biodiversité (taxonomique, phylogénétique ou fonctionnelle) entre cours d’eau, et renseigne ainsi sur la biodiversité particulière de certains cours d’eau, comparée aux cours d’eau environnants. Ces six mesures de biodiversité, jusqu’ici utilisées souvent de manière indépendante, ont été considérées ici simultanément sous forme d’un indicateur synthétique appelé CCBF pour Cumulative Change in Biodiversity Facets.

Cet indicateur a été utilisé pour mesurer les changements de biodiversité subis au cours des deux derniers siècles par plus de 2 400 cours d’eau du globe (couvrant près de 80 % des terres émergées) et peuplés par plus de 10 000 espèces de poissons. Les résultats de cette étude démontrent que la faune de plus de 50 % des cours d’eau a subi de profonds changements tant taxonomiques que fonctionnels et phylogénétiques, alors que seuls 14 % des cours d’eau gardent une faune encore inchangée. Les chercheurs ont ainsi montré une tendance à l’augmentation du nombre d’espèces par cours d’eau sous l’effet des introductions de nouvelles espèces. Celles-ci ont tendance à être peu apparentées aux espèces natives et de plus grande taille. Elles possèdent également une morphologie mieux adaptée aux milieux stagnants, soulignant ainsi un effet important de la construction de barrages sur les écosystèmes aquatiques. De plus, la plupart des cours d’eau du globe étant soumis à des pressions humaines similaires, les différences faunistiques, fonctionnelles et phylogénétiques entre cours d’eau soumis à ces mêmes perturbations tendent à se réduire. Ce phénomène entraine alors les écosystèmes aquatiques vers une plus grande homogénéité faunistique, réduisant ainsi les capacités de réponses des écosystèmes face aux changements globaux.

Les scientifiques estiment que les rares cours d’eau peu impactés par l’Homme ne suffisent pas à préserver la biodiversité aquatique dans son ensemble. Ces cours d’eau peu impactés représentent en effet moins de 14 % de la surface des cours d’eau du globe et abritent moins du quart des espèces de poissons d’eau douce. En outre, ils se situent principalement en Afrique et en Australie, alors que l’Amérique du Sud, qui abrite une grande part de la biodiversité mondiale des poissons d’eau douce, ne compte que 6 % de ses cours d’eau peu impactés par l’Homme.

Enfin, cette étude met également en évidence que les nombreuses espèces de poissons en danger d’extinction habitent des fleuves fortement impactés par l’Homme. Leur extinction provoquerait un accroissement drastique des changements de biodiversité, et mettrait en péril les indispensables services rendus à l’humanité par les écosystèmes aquatiques.

Le fleuve Oyapock, frontalier entre la Guyane Française et le Brésil est l’un des rares cours d’eau d’Amérique du Sud dont la biodiversité en poissons reste encore peu modifiée par les activités humaines © Shutterstock

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Référence : “Human impacts on global freshwater fish biodiversity”, Su G., Logez M., Xu J., Tao S. Villéger S. &
Brosse S., Science, 2021.

Source : www.cnrs.fr

L’abeille domestique n’est pas la seule proie du frelon asiatique

Vespa velutina Lepeletier est une espèce exotique envahissante, originaire d’Asie et présente en France depuis son introduction accidentelle en 2004. Malgré de nombreuses études et son impact reconnu sur les activités apicoles, le régime alimentaire du frelon asiatique est encore peu connu dans les régions colonisées d’Europe. Pour évaluer son impact sur la biodiversité, l’activité de 16 colonies a donc été suivie par une équipe de chercheurs de l’Institut de Systématique, Évolution et Biodiversité (Muséum national d’Histoire naturelle, CNRS, Sorbonne Université, EPHE, Université des Antilles), de l’Unité Patrimoine Naturel (OFB, Muséum national d’Histoire naturelle, CNRS), de l’Institut d’Écologie et des Sciences de l’Environnement (Sorbonne Université, CNRS, INRAE, IRD, UPEC), ainsi que du Centre d’Ecologie et des Sciences de la Conservation (Muséum national d’Histoire naturelle, CNRS, Sorbonne Université).

En se postant à l’entrée des nids avec un filet, les chercheurs ont intercepté 12 200 frelons et leur ont dérobé 2 151 proies. En combinant des analyses morphologiques et génétiques, l’étude a démontré que Vespa velutina chasse des abeilles domestiques (38,1 %), des mouches (29,9 %) et des guêpes sociales (19,7 %), ainsi qu’un large spectre d’autres arthropodes (au moins 159 espèces).

Les proies varient également selon l’environnement du nid : les colonies urbaines chassent plus d’abeilles domestiques, tandis que les forestières attaquent davantage de guêpes sociales.

Le frelon asiatique capture des insectes pour nourrir ses larves. Il en confectionne une boulette riche en protéines. Aussi, en comparant le poids sec de ces boulettes à celui des larves du frelon asiatique, et en tenant compte de la dynamique de la colonie, les chercheurs ont estimé qu’une seule colonie de frelons asiatiques consomme en moyenne 11,32 kg d’insectes en une saison (de mars à octobre).

Ces résultats suggèrent que Vespa velutina est un prédateur généraliste et opportuniste qui cible surtout les proies localement abondantes et a donc un impact limité sur la plupart des espèces sauvages. Aussi, les tentatives de gestion des populations de frelons asiatiques, qui se font souvent à l’aide de pièges peu sélectifs car capturant une grande quantité et diversité d’insectes, pourraient finalement avoir un impact beaucoup plus important sur l’entomofaune que le frelon asiatique lui-même.

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Référence

Rome, Q., Perrard, A., Muller, F., Fontaine, C., Quilès, A., Zuccon, D., Villemant, C. Not just honeybees: predatory habits of Vespa velutina (Hymenoptera: Vespidae) in France. Annales de la Société entomologique de France, 2021.

Source : MNHN

Dépistage de la Covid-19 grâce aux capacités olfactives du chien

Les chiens ont démontré leur aptitude à identifier certaines pathologies humaines. Ce constat a conduit l’École nationale vétérinaire d’Alfort (EnvA) à expérimenter leur capacité de détection de la Covid-19, dans le cadre du projet Nosaïs-Covid19 lancé en mars 2020 par le Pr Dominique Grandjean. Des échantillons de transpiration axillaire sont ainsi recueillis via des compresses qui sont ensuite reniflées par les chiens. L’enjeu est donc de confirmer scientifiquement cette capacité des chiens à détecter une signature olfactive de la covid-19.

La Région Île-de-France a été à l’initiative de l’évaluation de l’efficacité du dépistage par les chiens, qu’elle finance à hauteur de 25 000 euros. Cette expérimentation s’ajoute à de vastes opérations de dépistage menées depuis le mois d’août 2020 au plus près des besoins des Franciliens. Cette expérimentation a été intégrée à l’étude SALICOV AP-HP. Cette dernière vise à évaluer l’intérêt et la fiabilité du prélèvement salivaire par rapport au prélèvement nasopharyngé. SALICOV AP-HP est coordonnée par le Pr Jean-Marc Treluyer, responsable recherche clinique et pharmacologie AP-HP. Centre-Université de Paris et menée par des équipes de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris.

Dans le cadre de cette expérimentation qui sera conduite sur deux à quatre semaines environ, chaque personne volontaire (au sein de l’EnvA, des centres de formation d’apprentis de la Région, de l’Université Paris Est Créteil ou encore au sein de centres de dépistage) se verra proposer un test PCR nasopharyngée, un test PCR salivaire et un test olfactif canin. À cet effet, 5 chiens du SDIS78, un chien du SDIS60 et trois chiens spécialisés, venus en renfort des Emirats Arabes Unis et formés aux méthodes Nosaïs, seront présents en Ile-de- France entre le 10 et le 24 février 2021 afin de mener les détections. L’objectif est d’atteindre 2 000 prélèvements, ce qui permettrait de statuer sur l’efficacité canine dans la détection de la covid-19, avec pour objectif la validation de cette technique par les autorités sanitaires.

Ces techniques de dépistage innovantes ont d’ores et déjà débutés dans plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur d’Île-de-France :

–          15 février : École nationale vétérinaire d’Alfort

–          17 février : Faculté des Métiers de l’Essonne

–          19 février : Université Paris-Est Créteil

 

Pour organiser les opérations de prélèvement dans ces différents lieux, les équipes de COVISAN AP-HP seront mobilisées sur le terrain ainsi que celles du SDIS 60, du SDIS 78, de la Croix-Rouge française et d’Île-de-France Prévention Santé Sida. C’est un gros effort des SDIS, car les chiens restent opérationnels ainsi que leurs maîtres. En effet, ces chiens sont des chiens de recherche de personne sous les décombres, ensevelie, mais également de recherche de personne disparue et en danger. Aujourd’hui, ces chiens sont également utilisés dans le dépistage du COVID dans les casernes de sapeurs-pompiers, afin d’isoler très rapidement un sapeur-pompier malade.

Cette conjonction assez inédite de ces acteurs rend aujourd’hui possible une expérimentation scientifique à grande échelle, qui sera la première en France d’une telle ampleur.

 

Source :

Mon animal TV, la chaîne des animaux de compagnie

Gérald Ariano, que vous pouvez retrouver sur Ushuaïa TV dans « Une vie de bête, a lancé en 2019 sur YouTube Mon Animal TV, une chaîne généraliste dédiée à l’univers des animaux de compagnie.

 

Les playlists

Différentes playlists permettent à chaque internaute de trouver un sujet qui l’intéresse. Elles évoluent en fonction de l’actualité.

  • The good véto : Entrez dans le bloc opératoire pour suivre une intervention commentée par les chirurgiens vétérinaires.
  • Portraits : Découvrez le portrait de personnalités engagées dans la cause animale.
  • Pas si bêtes ! : En une minute, découvrez toutes les infos sur une espèce animale.
  • Tuto animaux : Comment gérer l’arrivée d’un nouveau chat à la maison ? Comment entretenir son vivarium ? Des professionnels répondent aux questions du quotidien.
  • Coups de cœur : Ils sont mignons, font le buzz, nous font rire… Ces animaux sont les stars des vidéos coups de cœur de l’équipe.
  • Santé : Les professionnels de la santé animale donnent des conseils pour le bien-être de vos animaux de compagnie.
  • Le live ! : Dans Le LIVE, Mon animal TV donne la parole aux personnalités engagées (vétérinaires, éleveurs, politiques, peoples, influenceurs…)
  • Adopte moi ! : Chiens, chats, NAC… Ils sont mignons et cherchent une nouvelle maison.

 

Une chaîne engagée

L’équipe de Mon animal TV s’engage pour la cause et le bien-être animal et soutien des associations comme Gamelles Pleines, l’Arche des Associations, la Fondation 30 millions d’amis, le refuge Anti Loened, le refuge AVA ainsi que les Trophées Pet Friendly à la Française…

 

Information, découverte, partage et échange sont les maîtres mots de la chaîne.

Découvrez dès à présent Mon animal TV

L’interdiction de l’ivoire au sein de l’UE est proche

La Commission a publié un projet d’une série de mesures qui interdiraient effectivement le commerce de l’ivoire au sein de l’Union Européenne (UE) à quelques exceptions près. « L’annonce d’aujourd’hui est un pas en avant encourageant, d’autant plus que le projet a été considérablement modifié suite à certains de nos commentaires partagés l’année dernière, » a déclaré Eleonora Panella, Chargée de campagne principale pour IFAW.

La proposition vient d’être soumise aux commentaires du public lors d’une consultation qui durera jusqu’au 25 février, à laquelle IFAW participera et invitera tous les citoyens intéressés à manifester leur soutien à cette proposition. IFAW mène campagne pour des restrictions du commerce de l’ivoire au sein de l’Europe depuis une dizaine d’années. Déjà, en mai 2018, plus de 90 membres du Parlement européen avaient appelé à une interdiction totale du commerce et des importations d’ivoire dans l’UE, et une première consultation publique publiée par la Commission européenne a montré que plus de 90 % 90 000 répondants étaient en faveur d’une interdiction européenne du commerce de l’ivoire.

Au cours des dernières années, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Belgique ont adopté des restrictions sur le commerce de l’ivoire, mais cela ne suffit pas pour un impact durable. « L’existence de marchés nationaux légaux de l’ivoire au sein de l’UE et ailleurs permet aux criminels de blanchir l’ivoire illégal d’éléphants braconnés. Il est temps pour l’UE de se mobiliser, de faire le nécessaire afin de fermer une fois pour toutes le marché intérieur de l’ivoire dans l’UE, » a conclu Eleonora Panella.

 

Source : IFAW

Comment choisir un bon miel ?

Pour conserver toutes ses valeurs nutritives, le miel doit être consommé dans sa forme la plus pure. Voici donc quelques techniques qui vous permettront de faire votre marché :

  • Choisissez un miel qui cristallise. La cristallisation est un processus naturel. Il vous assure que le produit n’a pas été chauffé en usine et qu’il conservera toutes ses valeurs nutritives.
  • Le vrai miel durcit au fil de sa vie, alors que le faux miel, quant à lui, reste liquide et est souvent proposé en tube verseur.
  • L’odeur du miel est reconnaissable. Si vous prenez un miel de lavande, il doit sentir la lavande. Idem pour un miel de châtaignier, il faut que cela sente la châtaigne. L’odeur du faux miel disparaîtra vite sous vos narines ou, pire, il n’aura pas d’odeur.
  • Dans le vrai miel, des impuretés peuvent rester dans les pots. Rien de grave à cela, bien au contraire : ce sont des morceaux de propolis ou de cire d’abeille qui se mangent sans problème. Le faux miel, pour sa part, est tellement filtré qu’aucune particule ne sort des usines.
  • Lisez les étiquettes : celles de vrai miel comprennent les mentions 100 % naturel, cru et non chauffé.
  • Achetez du miel français, dont vous connaissez l’origine.

 

Par Gérald Ariano

 

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Dans chaque épisode d’“Une vie de bêtes” sur Ushuaïa TV, Gérald Ariano part à la rencontre des professionnels du monde animal. Chacune de ces rencontres est l’occasion pour lui de travailler à leurs côtés et de découvrir les particularités de ces métiers passionnants.

© TF1

L’abeille noire

C’est dans la vallée des Encombres, en Savoie, à plus de 2000 m d’altitude, que Klébert Silvestre, apiculteur passionné et passionnant, et président du Centre d’études techniques apicoles (CETA), me fait découvrir un univers qui m’était inconnu et où le bruit des battements d’ailes des butineuses annonce la récolte du miel qui s’est accumulé au fil de la saison d’été. Mais ce monde feutré est aussi victime d’un danger silencieux et presque invisible aux yeux des profanes que nous sommes.
En effet, depuis une vingtaine d’années, les abeilles disparaissent massivement dans notre pays. Un apiculteur peut ainsi enregistrer jusqu’à 50 % de perte sur une année. On appelle ce phénomène le syndrome d’effondrement de la colonie d’abeilles.
L’utilisation intensive de pesticides, la dégradation de la biodiversité, le frelon asiatique, les maladies et autres virus… Les causes sont nombreuses et nous semblons impuissants face à ce drame qui se joue sous nos yeux. Sauf à prendre les mesures draconiennes qui s’imposent.

L’hybridation des abeilles
L’autre danger qui guette nos abeilles noires est le croisement avec d’autres espèces dont le rendement est plus important, comme l’abeille italienne ou caucasienne. L’hybridation entre l’abeille noire et ces sous-espèces est une vision à court terme selon Klébert : « Elles produisent peut-être plus, mais moins longtemps, car elles sont moins résistantes. » La surproduction de miel n’est pas non plus une bonne chose pour notre écosystème car elle appauvrit les ressources.
Pour retrouver une abeille noire non métissée dans ses belles montagnes de Savoie, Klébert s’est lancé dans l’élevage de reines dites “pures”, 100 % Apis mellifera mellifera ! La technique qu’il me montre est totalement naturelle et assez complexe. Devant mes yeux ébahis, le faiseur de reines me révèle le secret de la vie. Tout commence par l’enfumage des ruches. Il faut montrer notre présence aux abeilles pour qu’elles puissent se mettre à l’abri dans la ruche. Cette technique nous évite d’être piqués, une abeille avertie en valant deux ! Klébert isole ensuite les larves d’abeilles de la bonne souche et les dépose dans une cupule puis dans la ruche orpheline quelques jours. Auparavant, il a trouvé et isolé la reine d’une ruche pour créer un manque chez ses congénères. Klébert replace ensuite les larves orphelines dans la ruche ; les ouvrières, en manque de reine, vont s’en occuper en les nourrissant pendant plusieurs jours à la gelée royale. Après 16 jours, la nouvelle souveraine naîtra.
Je ne sais pas combien de reines Klébert a fait naître, mais il est certainement à la tête d’une véritable armée d’abeilles noires pures qui butinent les fleurs de nos montagnes pour nous offrir un miel d’exception.

 

Par Gérald Ariano

 

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Dans chaque épisode d’“Une vie de bêtes” sur Ushuaïa TV, Gérald Ariano part à la rencontre des professionnels du monde animal. Chacune de ces rencontres est l’occasion pour lui de travailler à leurs côtés et de découvrir les particularités de ces métiers passionnants.

© TF1

Prodigieuses orques

L’intelligence des orques
Langage verbal, vie de famille intense, relations riches… L’intelligence des orques est-elle due à leur cerveau si complexe ? Les orques ont une véritable capacité d’adaptation et peuvent résoudre des problèmes immédiats. Elles ont un cerveau beaucoup plus gros et beaucoup plus complexe que celui des humains. Le lobe de l’empathie est, par exemple, beaucoup plus développé que le nôtre. Or rien n’existe sans raison dans la nature : si l’orque a un tel cerveau, c’est parce qu’elle en a besoin et qu’elle est intelligente.
Les orques possèdent également une intelligence collective qui nous dépasse. À l’instar de l’homme, elles ont un langage verbal. En effet, les cétacés sont les seules espèces animales non humaines qui disposent d’un tel langage. Les orques de Norvège ont par exemple 24 sons répertoriés qui constituent la base de leur phonétique, ce qui est très similaire à nos 26 lettres de l’alphabet. En combinant ces sons, ces animaux peuvent prononcer 60 000 mots, avec lesquels ils peuvent faire des phrases et échanger des informations. Comme nous ne comprenons pas ce qu’ils disent, nous avons beaucoup de mal à appréhender leur système de communication. Le jour où nous y parviendrons, nous serons en mesure de déterminer leur degré d’intelligence.

La sagesse des orques
Les orques sont des êtres pacifiques qui ont une intelligence de vie, et même une certaine forme de sagesse. Il s’agit d’un concept typiquement humain et il peut paraître curieux de l’appliquer à un animal. Pourtant, les observations qui ont été faites permettent de dire que les orques font preuve de sagesse. En effet, bien qu’elles soient au sommet de la chaîne alimentaire et capables de chasser toutes les proies, il n’y a pas de conflits entre elles. Elles sont paisibles, ne pratiquent pas la frénésie alimentaire, ne se battent pas pour les proies et les mâles ne s’affrontent pas pour les femelles. L’intérêt du groupe passe avant celui de l’individu.

L’absence de cruauté
Les cachalots, les dauphins et les orques sont si puissants qu’ils pourraient se défendre d’un coup de nageoire. Pourquoi ne se vengent-ils pas du mal que nous leur faisons ? Parce que le concept de cruauté ne fait pas partie de leur univers. Ils ne sont guidés que par leur instinct de survie et à partir du moment où une créature ne fait pas partie de leur menu, ils n’ont aucune raison de s’en prendre à elle. En revanche, nous ignorons pourquoi les orques ne nous attaquent pas alors que nous pourrions faire partie de leur régime alimentaire. En milieu naturel, il n’y a jamais eu d’attaques d’orques sur un humain. Toutes les règles du règne ont une exception, sauf celle-ci. Partout dans le monde, les orques se comportent vis-à-vis des hommes comme si elles obéissaient à la même règle sacrée.

L’empathie des orques
Les orques ont une capacité de solidarité surprenante. Si un individu est handicapé de naissance, les membres de sa famille, et même des animaux appartenant à d’autres clans, se relaient pour le protéger et lui apporter à manger. De même, si une orque nage moins vite que les autres, les autres l’attendent. Aucun individu n’est mis à l’écart.
Les femelles qui perdent un nouveau-né ressentent également le deuil. En Colombie-Britannique, une mère a poussé la carcasse de son petit pendant 17 jours et les autres orques se sont relayées à ses côtés pour qu’elle puisse aller se nourrir. Une scène similaire a également été observée en Norvège, ce n’est donc pas un comportement isolé. Le degré d’interaction entre les membres de la famille est extrêmement fort, c’est de l’amour, tout simplement.

 

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Yolaine de la Bigne est la fondatrice du site “L’animal et l’homme”. Elle partage avec nous ses rencontres autour des intelligences animales.

Pour écouter plus d’interviews de Pierre Robert de Latour : www.lanimaletlhomme.com

Interview – Thierry Bedossa

Qu’est-ce qui vous passionne dans l’éthologie et le comportementalisme ?

Ces disciplines sont passionnantes car, au-delà de leur intérêt scientifique et des avancées qu’elles permettent d’obtenir dans la connaissance du monde animal, elles éclairent aussi sur les comportements humains. L’homme est un animal certes un peu différent des autres, de par ses capacités intellectuelles et de communication verbale, mais qui applique lui aussi sans forcément le savoir des codes de communication et les adapte à sa façon.

L’approche éthologique a révolutionné la connaissance du comportement et permet de comprendre beaucoup plus finement des attitudes animales qui étaient rangées dans la catégorie des “troubles du comportement“ auparavant et qui, en fait, font partie du répertoire comportemental normal du chien et du chat mais sont juste exprimées à mauvais escient… bien souvent uniquement du point de vue du propriétaire.

À la différence des humains, les animaux ne calculent pas et sont bien plus honnêtes que nous dans leurs comportements. Quand ils agissent de façon inappropriée, il y a toujours une raison et bien souvent ils sont victimes plutôt que coupables.

  

Comment définiriez-vous la communication animale ? Comment les animaux parviennent-ils à communiquer sans mots et comment pouvons-nous les comprendre ?

Dans le règne animal comme chez l’homme, la communication fait intervenir au moins un animal émetteur et un animal récepteur. Chez les animaux, elle vise un objectif principal : survivre, en s’adaptant pour cela à d’éventuelles modifications des conditions environnementales, en trouvant à manger, en conviant des partenaires sexuels pour la reproduction – donc pour assurer la pérennité de l’espèce –, en tenant à distance les prédateurs ou un compétiteur, en provoquant le conflit quand le groupe social est menacé, etc.

Un animal émet un signal de communication pour induire un changement de comportement chez un autre, les intérêts de l’émetteur et du récepteur pouvant être convergents ou non.

On distingue deux types de communication : la communication intraspécifique, entre des individus de la même espèce, et la communication interspécifique, entre des individus d’espèces différentes, par exemple entre l’homme et ses animaux de compagnie. Pour se comprendre, les animaux font appel à différents signaux non verbaux : vocalises, postures, mimiques… Les “codes” de la communication sont spécifiques à chaque espèce. Par exemple, un chien qui remue la queue exprime en général sa joie, tandis que chez le chat cette attitude témoigne plutôt de son énervement.

Comprendre ses animaux de compagnie implique de leur consacrer du temps et nécessite beaucoup d’observation. Chaque animal est unique et adapte la communication de son espèce à sa manière.

 

La communication entre animal et humain est-elle différente de la communication entre différentes espèces animales ?

Pas fondamentalement puisqu’elle fait intervenir des signaux de communication identiques, à l’exception des marqueurs olfactifs que nous ne sommes a priori pas capables de décrypter !

Nos chiens et chats manifestent leurs attentes par leurs vocalises, leurs postures, nous sollicitent plus ou moins ouvertement en posant une patte ou leur museau sur notre bras. Ils savent être très expressifs. Cette communication interspécifique s’initie et s’entretient. Elle se prépare très tôt dans la vie du chiot et du chaton, lors de la phase dite de socialisation au cours de laquelle il apprend à vivre avec une espèce très différente de la sienne et à ne pas la craindre.

La communication s’entretient ensuite tout au long de la vie de l’animal et se perfectionne à mesure que la complicité avec son compagnon grandit. Les propriétaires sont nombreux à dire qu’ils “comprennent” leur animal et sont même capables d’anticiper ses réactions. Cette compréhension s’améliore avec la cohabitation et dépend bien sûr du temps et des attentions qu’on réserve à son chien ou à son chat. D’autant plus que l’animal apprend aussi à communiquer par imitation… et inversement ! Pour inciter son chien à jouer, l’humain va par exemple naturellement s’accroupir, ouvrir ses bras, voire taper sur ses cuisses, copiant ainsi inconsciemment la posture d’appel au jeu du chien.

Homme et animal mettent aussi souvent en place, volontairement ou non, des rituels qui facilitent leur communication mutuelle.

 

Est-il plus facile de communiquer avec certains animaux de compagnie ? Par exemple, dialogue-t-on plus facilement avec un chien qu’avec un chat ?

Tout dépend de son expérience personnelle et de sa familiarisation avec l’espèce en question. Les possesseurs de chiens vous diront que cet animal est plus “franc”, plus direct que le chat et donc plus facile à comprendre. Les propriétaires de chats pensent l’inverse, que leur animal “s’exprime” plus finement et ne communique qu’à bon escient. Tout est question de perception individuelle et d’affinités personnelles.

Chien ou chat peuvent se faire comprendre à mon avis tout aussi facilement.

 

Dans quelle mesure la communication animale peut-elle aider les animaux en souffrance ?

Nous parlons ici d’une discipline particulière qui est en vogue depuis quelques années et fait intervenir des communicants animaliers. Ces “chuchoteurs” mis en avant par le livre de Nicholas Evans et le film L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux exploitent une autre dimension de la communication interspécifique, qui n’est pas accessible à tous.

Cette communication dite aussi intuitive peut se faire en présence de l’animal ou à distance. Elle requiert une dimension émotionnelle, le communicant percevant les pensées mais aussi les sensations physiques de l’animal qui, rappelons-le, est un être conscient et ressent, comme l’humain, toutes sortes de sentiments variés.

En se connectant ainsi aux animaux, les communicants arrivent à cerner des problèmes qui ne sont pas visibles par la simple observation ou l’examen clinique et leur apportent donc indéniablement une aide.

 

Un mauvais comportement est-il toujours synonyme de souffrance chez l’animal ? Comment apprendre à décrypter le comportement de son animal de compagnie ? Que conseil pourriez-vous donner à des propriétaires qui y sont confrontés ?

Tout dépend du comportement et du contexte dans lequel il s’exprime. Certains mauvais comportements naissent d’une communication perturbée entre l’animal et son propriétaire. En agissant “mal”, le chien ou le chat manifeste son anxiété et son incompréhension.

Le cas classique concerne le chien laissé seul qui va manifester son anxiété par des vocalises, des destructions, de la malpropreté. Pour le propriétaire qui rentre chez lui le soir, son animal a “fait des bêtises” ou s’est vengé et mérite d’être puni. Ils sont confortés dans leur impression par l’attitude penaude du chien, tête basse, qui émet de petits gémissements et manifeste en fait par ces comportements des signaux d’apaisement.

Cette situation est incomprise par l’animal et ne va faire qu’exacerber les troubles au départ de ses propriétaires.

Il faudrait déjà conseiller aux propriétaires d’éviter toute punition a posteriori. S’ils se sentent dépassés ou ne comprennent plus leur animal, je leur recommande de se faire aider par un professionnel, vétérinaire ou éducateur, qui les accompagnera pour retrouver une bonne base de dialogue avec leur chien ou leur chat.

La vengeance et la volonté de nuire n’existent pas chez le chien et le chat. Un animal qui se comporte mal exprime donc son mal-être et montre que quelque chose ne va pas. Il faut alors trouver quoi pour rétablir la situation.

 

Les hommes sont capables d’une grande cruauté envers les animaux. Avons-nous toujours la faculté de nous connecter à la nature et de dialoguer avec les animaux ?

Nous sommes, je l’espère, toujours capables de communier avec la nature et les animaux.

La cruauté envers les animaux n’est malheureusement pas l’apanage de nos sociétés contemporaines. De tout temps, l’homme a été capable du pire. Aujourd’hui, ces comportements délétères sont plus visibles car décriés et sanctionnés, mais je pense qu’ils ont toujours existé, sous différentes formes.

Il ne tient qu’à nous de retrouver et d’entretenir cette faculté de connexion à la nature et aux animaux, sans être pour autant intrusifs et sans chercher à tout contrôler comme c’est trop souvent le cas dans les activités humaines.

 

 

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Propos recueillis par Élodie Plassat

 

 

Retrouvez Thierry Bedossa le samedi 10 avril 2021 au Grand Rex de Paris pour l’événement NATURE GUÉRISSEUSE qui rassemblera 15 experts sur le thème des trésors thérapeutiques de la nature.

Infos et réservations : www.natureguerisseuse.com

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