La “frappe à mains nues” observée pour la première fois chez les gorilles

Un comportement clé de l’évolution humaine a été observé récemment chez des gorilles de l’Ouest sauvages par des primatologues.

 Un comportement de “frappe à mains nues” vient d’être observé pour la première fois chez des gorilles de l’Ouest (Gorilla gorilla) sauvages, en République du Congo, par Shelly Masi, du Muséum national d’Histoire naturelle, Emmanuelle Pouydebat, du CNRS, Claudio Tennie, de l’université de Tübingen, et leurs collègues de la Wildlife Conservation Society. Ce geste, qui consiste à frapper deux pierres l’une contre l’autre (sans produire d’éclats), n’avait été observé jusqu’ici, dans la nature, que chez une espèce de primates non humains bien plus éloignée de notre lignée que les gorilles : les macaques japonais.

Ce comportement intéresse particulièrement les scientifiques, car la frappe à mains nues est considérée comme un prérequis à la “percussion à mains nues”, geste qui permet d’obtenir des éclats tranchants à partir de pierres. De tels éclats, qui sont soupçonnés d’avoir joué un rôle crucial dans l’évolution cognitive humaine, sont d’ailleurs parfois produits accidentellement lorsque des singes utilisent des pierres comme outils.

Les chercheuses et les chercheurs ont recensé cinq épisodes de frappe à mains nues chez deux gorilles de l’Ouest sauvages utilisant des objets ressemblant à des pierres (ici des fragments de termitière).

L’étude contribue à mettre en évidence les exigences morphofonctionnelles et cognitives de l’émergence de la production d’outils en pierre. En effet, elle montre que la frappe à mains nues fait partie du répertoire comportemental spontané de l’un des plus proches parents des humains.

Il n’en demeure pas moins que la capacité à combiner ce geste à la force et à la précision nécessaires pour produire des éclats tranchants lors de la percussion a sans doute constitué un tournant décisif dans l’évolution des homininés.

 

Source : MNHN

Photo : Luc Huyghebaert/unsplash